Mes Pâques halieutiques 2007

    Vendredi 6 avril 2007, le boulot terminé, départ pour les Monts du Beaujolais, aux confins des départements : de la Loire, de la Saône et Loire et du Rhône. Transhumance joyeuse car je sais, qu'outre l’exaltation de fêter Pâques en famille, je m'apprête à passer un week-end halieutique rallongé du « feu de Dieu ». Pourquoi ? Parce qu'après la déception passée de ne pouvoir emmener Vincent (Vince15) dans « mes valises » pour tenter de lui montrer l'efficacité de la dandine à la grande canne, une éclaircie est soudainement apparue suite à l'invitation de Pierre (Taz25) pour une partie de pêche à la truite dans le parc naturel régional du Morvan pour la journée du samedi ; ceci sans oublier mes deux autres projets : la prospection de ma toute petite rivière fétiche le dimanche matin, et une sortie sur un charmant ruisseau du haut Beaujolais le lendemain. Ces événements maintenant passés, je vous propose d'en découvrir leur rétrospective.

Samedi 7 avril 2007 : Merci Pierre pour ce magnifique Morvan et sympathique moment !

    Départ à 5 heures 30, après une courte nuit où, allez savoir pourquoi ..., le sommeil a été particulièrement difficile à trouver. GPS réglé sur le parc naturel régional du Morvan, après environ 160 kilomètres, je fais une halte non loin de l'immense lac de barrage de Pannecière pour déguster un croissant chaud dans l'attente de l'arrivée de Pierre.

 

Le parc régional naturel du Morvan

    8 heures 40, après avoir parlé ... de pêche, avec le bénéfice d'un temps ensoleillé des plus doux, nous voilà partis sur un premier cours d'eau dont les qualificatifs me manquent encore au moment où j'écris cet article pour en décrire la grande et pure beauté.

 

Magnifique cours d'eau du Morvan

    Pierre en dérive naturelle au ver, moi à la dandine. A peine le poissonnet touche l'eau pour son premier « bain » qu'une demoiselle monte le voir sans même le toucher. Des scènes identiques me rappelant à cet instant tellement de mauvais souvenirs que je décide immédiatement de troquer ma monture pour une teigne bien grasse montée sur un hameçon n° 12 avec plombée 7 – 6 – 6 – 5. Et le résultat ne se fit pas attendre, incitant de ce fait Pierre à procéder copie.

 

Capture

     Et puis, tout au long de ce parcours extraordinaire, essayant de pratiquer en se remettant régulièrement en cause sur les fondamentaux de la pêche en dérive naturelle (tout commentaire aux photographies qui suivent serait d'un grand superflu), ...

 

Pierre appliqué

... les touches se suivirent de façon plus ou moins régulière. Ainsi, comme deux gamins, Pierre et moi contemplions les robes de ces petites truites vigoureuses avant de rapidement les libérer pour mettre fin à « leur supplice ».

 

Captures

      Comme à l'accoutumée, Dame nature s'était une nouvelle fois mise sur son 31 pour se montrer fièrement sous son plus beau jour, dans un paysage où des sites de mémoire sont là pour nous rappeler l'existence d'un haut lieu de maquis durant la seconde guerre mondiale.

Dame nature sur son 31

       Après un bref déjeuner au bord du lac de Pannecière à se raconter ... (mais que peuvent se dire deux pêcheurs ?), suivi d'environ une demi-heure de route, nous voilà à mouiller de nouveau les waders pour les deux petites heures de pêche restantes.

Lac de barrage de Pannecière

    C'est une jolie rivière très limpide aux eaux plus lentes et profondes que la première, qui coule toujours sur un fond granitique. Alors que nous prospectons à la bohémienne, un beau spécimen de fario lâché succombe à la tentation, suivi d'une autre mouchetée et de quelques loupés.

 

Capture

    Et c'est à 16 heures, sur le bilan de 18 prises pour un total de 29 touches, que cette mémorable journée s'est terminée. Mais au delà du résultat, et comme je me plais régulièrement à l'évoquer, c'est ce sympathique moment de convivialité et de détente passé au bord de l'eau, dans un cadre me rappelant de façon beaucoup plus grandiose le plateau des Millevaches, qui restera gravé au fond de ma mémoire. Et pour mot de la fin, il m'aurait été impensable de quitter les lieux sans photographier une plantation de l'arbre qui fait la joie des petits et des grands pour les fêtes de fin d'année. Mais le fruit de cette journée n'est-il pas finalement un cadeau halieutique du Père Noël Morvandiau ?

 

Sapinière de Noël

Dimanche 8 avril 2007 : Inquiétude, magie mêlée de déception, tristesse, et consternation


    Ces quelques termes résument parfaitement à eux seuls cette deuxième sortie des Pâques halieutiques avec, au passage, une petite pensée pour Pierre et Vincent.

Inquiétude : Sur le constat du bas niveau du cours d’eau pour la saison. Me remémorant de bons souvenirs, je pense qu’il y a une vingtaine d’années, ce dernier avait de façon régulière un débit du double de l’actuel, ce qui amène obligatoirement à s’interroger sur les causes d’un tel phénomène. Pour réponse, on parle inévitablement des conséquences du réchauffement climatique. Mais il serait trop facile de mettre seul celui-ci au banc des accusés, sachant que la demande en eau toutes utilisations, parfois injustifiée, va croissante, que les drainages multiples ne favorisent pas une nécessaire infiltration, etc.

 

Portion de mon petit cours d'eau fétiche

Magie mêlée de déception : Bénéficiant d’un temps identique à celui de la veille, alternant la pêche en wading à celle depuis le bord, j’arpente gaiement le cours d’eau en observant les premières éclosions. Loche casquée pour appât, j’enregistre très rapidement 9 loupés consécutifs dont deux superbes poissons ; l'un mesurant (sans mentir,  foi de pêcheur !) largement les 30 centimètres. Mais que se passe-t-il ? Agacées, les truites montent sur la monture pour donner quelques coups de gueule avant de disparaître. Trop c’est trop ! Cette situation me conduit à changer pour une teigne dont le résultat fut aussi immédiat qu’éphémère.

 

Captures

    C’est alors que je décide de pratiquer une autre de mes techniques favorites : la cuiller à la grande canne qui me gratifie de 7 prises pour seulement 3 loupés. N’ont-elles pas fière allure ces petites sauvageonnes, mélangées à une paire de surdensitaires, parfois photographiées au milieu d’une flore en constante évolution à cette saison ? Cependant, la déception l’emporte sur la magie malgré les innombrables touches, car les belles n’étaient pratiquement pas de sortie aujourd’hui.

 

Captures

Tristesse : Sur une petite prise, le triple de ma cuiller Mepps n° 1 a complètement été engamé, condamnant l'imprudente malgré tous mes efforts pour la tirer d'affaire. Ecœuré pour le restant de ma partie de pêche, je me suis juré de remédier à cela dès que possible en modifiant les dits leurres par le remplacement des triples au profit d’un simple moins ravageur. Evidemment, et vous l’aurez bien compris, je ne vous montrerai pas de photographie de la pauvrette, lui préférant celle de cette scène champêtre.

 

Scène champêtre

Consternation : Avant de quitter les lieux, je me décide à vérifier l’état du cours d’eau à hauteur de sa traversée de la petite ville où stupeur, je découvre un lit encombré d’objets divers, et de déchets verts, des sorties d’eau usées non encore reliées au tout à l’égout, des tas de papiers sur les accotements et le comble du comble, une superbe truite morte dans un milieu souffrant d'eutrophisation. Mais comment avons nous pu en arriver jusque là ? C’est une question que je repose inlassablement sans pouvoir y trouver réponse dans l’immédiat. Et c’est la raison pour laquelle je suis bien décidé à mener à bien mon projet associatif qui devrait se dénommer COLLECTIF NATURE dont l’objet sera dans un premier temps de débarrasser les cours d’eau et leurs berges de toutes « les saloperies » que l’homme peut y jeter.

 

La dégradation des milieux aquatiques

Petit break et mini coup du soir


    Dépourvu de mes teignes depuis de la sortie du Morvan, je décide de partir l'après-midi à la « cueillette » de quelques larves de trichoptères à fourreau, ainsi que des vers de fumier. Sortie exquise sur un ru de sapinière au lieudit Goutte Sourde qui porte d'ailleurs merveilleusement bien son nom. Dans un cadre qui ne peut laisser indifférent, sous une chaleur de plomb, bénéficiant pour douce mélodie du chant de nos superbes passereaux et du murmure de l’eau, je « vole » à la nature les insectes tant convoités. Nouvelle halte chez le beau-père pour une agréable discussion autour d’un cassis bien frais avant d’extraire du fumier de lapin quelques exemplaires du met le plus populaire pour la capture de nos belles mouchetées. Et le pas pressé, empruntant les sentes forestières, je regagne mon lieu de villégiature pour stocker mon précieux butin. Un seul regret, celui d’avoir été dépossédé par ma moitié de l’appareil photographique numérique. Mais c’était aussi pour la bonne cause ; celle d’immortaliser quelques instants du match de basket opposant la Chorale de Roanne à l’équipe de Nancy où elle s’y est rendue en famille.

 

Anthony en bonne compagnie à la Chorale de Roanne

    Après le souper, affaires de pêche prêtes pour le lendemain, je décide soudainement de tenter un coup du soir « éclair » à la larve de porte-bois dans l'impétueux ruisseau passant sous l'habitation de la belle-mère. Magique ! Un seul petit courant de pêché pour deux jolies farios, dont celle-ci. Aussitôt couché, aussitôt endormi dans les bras de Morphée pour mon rendez-vous du lendemain.

Les truites de chez la belle-mère

Lundi 9 avril 2007 : Une douce matinée

    Réveil à 6 heures, je file sur un petit ruisseau du haut Beaujolais après après croqué quelques fruits en guise de petit déjeuner. Temps clair, mais très froid à l'instant où je débute ma partie de pêche, au point que mes doigts gèlent rapidement. Cependant, rien ne m'arrête ... Me délectant de somptueux gazouillis, je prospecte avec minutie et résultat. 6 petits poissons de pris pour 6 loupés en tout peine une demi-heure ! La partie s'annonce très prometteuse, me dis-je, et pourtant ...

 

Ruisseau des Monts du haut Beaujolais

    Mais c'était sans compter sur l'imprévisible. L'eau se trouble soudainement réduisant les touches à peau de chagrin, pour ne pas dire à néant, d'où la question : un débardeur travaillerait-il en amont ? Question finalement restée sans réponse, faute d'avoir été vérifier. Déçu, je me résous à regagner la partie haute de ma petite rivière fétiche, histoire de me rassurer après la sortie de la veille. Dans un long cafouillage sur une portion particulièrement branchée, je me lance quelques jurons aussi courts, qu'expressifs, en invitation à un rapide redressement de la situation. Et c'est finalement un sans faute au ferrage à 6 sur 6 en dérive naturelle que se termine cette dernière partie de pêche pour mon plus grand plaisir que de pouvoir admirer toujours et encore les robes merveilleuses de ces petits poissons vigoureux et combattifs.

 

Captures

        Plaisirs de pêche sur fond d'interrogations et de remises en question, conjugués à de délicieux moments en famille, auront donc rythmé ces superbes Pâques 2007.

L'image de fin

   Texte et photographies de Aupetitpec