Ouverture de la pêche à la truite, saison 2008
Ça y est, le moment tant attendu est enfin arrivé !!! Malgré une petite nuit, nous voilà prêts à tremper de nouveau le nylon pour espérer contempler inlassablement ces magnifiques robes aux points parfois rouges cerclés de bleu et de blanc. Le coeur joyeux, accompagné de mon fils Anthony, je pars à bord de la "papineuse" sans finalement savoir précisément où aller pour pouvoir échapper aux mouvements de foule. Plateau des Millevaches ? Non, car il y aura fatalement trop de monde ... Le tout proche bassin versant de la Sédelle ? Cela ne m'enchante pas non plus du fait de sa totale méconnaissance. Alors ? Nous décidons finalement de gagner les monts d'Ambazac, et plus précisément un superbe petit cours d'eau sauvage parcouru qu'une seule fois en fin de saison dernière, mais qui m'avait gratifié de décors et de poissons splendides par leur beauté.
Passant un cours d'eau nous remarquons déjà la cohue des premiers jours de l'ouverture que je souhaite absolument éviter pour pouvoir pleinement profiter de ces premiers moments de quiétude tout en voulant me mesurer à ces petites autochtones. Arrivant à destination, nous constatons avec stupeur la présence de quatre véhicules en enfilade ruinant prématurément tous mes espoirs de parcourir une seconde fois ce superbe parcours enchanteur. Mais qu'à cela ne tienne !!! D'un commun accord, nous décidons de monter le plus haut possible, quitte à ne pêcher qu'un ru. La tranquillité, ça se mérite, me dis-je !!!
A peine le véhicule arrêté, que je suis déjà en tenue "de combat" pour ces premiers instants que j'espère annonciateurs d'une saison prometteuse. Surpris par le froid, Anthony grimace. Lui laissant la délicatesse du premier jeté, il loupe quasi instantanément une petite mouchetée qui nous gratifie d'une délicieuse chandelle. C'est bon signe pour la suite !!! Alors que mes premiers pas en nymphe s'avèrent totalement improductifs, je me saisis de la canne du fiston qui fonce à la voiture récupérer une paire de gants. Sur ce coup, je capture aux appâts naturels, une demoiselle que je n'aurais malheureusement pas eu le temps de photographier.
Pas de pêcheur(s) en vue, nous poursuivons ainsi dans une nature toujours aussi belle et parfois curieuse ...
... qui, de ses indices extérieurs, trahit un printemps empreint de précocité.
Et puis, alors que nos salmonidés se mettent à bouder nos mets naturels, nous trompons leur méfiance avec une nymphe d'éphémère.
Certes, je vous l'accorde, ce ne sont pas de gros, mais ...
... de très jolis poissons, pour lesquels nous prenons les plus infimes précautions pour leur remise à l'eau dans les meilleures conditions possibles.
Et pour clore cette enivrante matinée, nous nous essayerons sur un cours d'eau tout proche, légèrement plus large, ...
... où seules une paire de truitelles seront touchées.
Dimanche de l'ouverture, changement de lieu, seul, je décide
de gagner les monts de Bourganeuf pour pratiquer un cours d'eau jamais pêché,
mais qui m'avait séduit au détour d'une balade touristique à la fin de la saison
dernière. A la défaveur d'un
temps qui s'est particulièrement refroidi depuis la veille, j'arpente
vaillamment ces cascades où l'eau jaillit et rebondit en gerbes d'écume
étincelante.
A peine un quart d'heure de pêche que déjà les touches s'enchaînent à grande vitesse, avec trois captures de petits poissons. C'est ainsi que dans ces conditions, je me suis fatalement interrogé sur la perspective de vivre une sortie aussi époustouflante que celles que j'avais pu effectuer en d'autres lieux creusois la saison dernière.
Après avoir pêché deux ou trois cent mètres en amont du pont à côté duquel j'ai stationné "la papineuse", je découvre un parcours au contraste saisissant. Plus de chutes bouillonnantes et bruyantes, mais seulement de l'eau d'une grande limpidité qui murmure dans un parcours lancinant au milieu des tourbières.
Dans ces conditions, tout se complique hautement pour tromper la méfiance du poisson qui détalle à la moindre petite alerte. Mais la pêche, c'est aussi ça !!! Alors, redoublant d'application, j'arrive tant bien que mal à tromper une paire de miniatures, ...
... dont une qui viendra même se blottir contre ma chaussure de wading après relâche.
Puis, plus rien ..., plus de touches ... Comparativement, même nos plus beaux passereaux se faisaient discrets durant ces instants que l'on trouve parfois si longs. Mais qu'importe, au terme de ces deux sorties où un peu moins de trente poissons auront été touchés pour quinze de capturés et relâchés, c'est toujours, quitte à inlassablement me répéter, ce bonheur d'être dans cette nature si merveilleuse que l'on se doit absolument de protéger pour que les générations futures puissent elles aussi en profiter.
Texte et images de Jean-Marie Carrier