Comparatif la bohémienne à la grande canne : appât naturel / leurre souple

Préambule

     Merveilleuse à bien des égards, la pêche à la bohémienne (ou encore à la dandine) à la grande canne, comme tout type de pratique qui s'y rapproche, nécessite la possession d'appâts naturels, qu'il s'agisse de : vairons, loches de rivière, goujons ou encore de petites ablettes ou chevesnes. Actuellement la pêche aux leurres souples se développe tous azimuts, ayant même gagné celle de la truite au point que certains disent que plus écologique (certes, cela est incontestable puisque l'on n'a pas à sacrifier d'appâts vivants), elle est d'une efficacité équivalente. Afin de vérifier cette thèse, je me suis adonné pendant ces six dernières années et tout particulièrement depuis 2005, à des tests dont mes conclusions sont pratiquement sans appel. Certes, si le leurre souple pour la pêche de la truite au vairon casqué fonctionne et peut constituer un dépannage faute de n'avoir ou de ne plus être en possession d'appâts naturels au cours d'une sortie, il ne remplacera pas une pratique avec l'utilisation de ces derniers.  

Comparatif appât naturel / leurre souple
Comparatif appât naturel / leurre souple.

Les différents types de leurres souples

    Le choix des leurres à utiliser s'est tout naturellement porté sur les impératifs pour une approche en équivalence de nage et de souplesse du leurre souple comparativement à celle d'un appât naturel. J'ai donc porté mon dévolu sur des : Wildeye Finesse Minnow, des Shad et des Grub pour des tailles maximales de 7, 5 cm.

Les leurres souples utilisés
Différents leurres souples utilisés (le Shad n'est pas représenté et l'appât naturel, une loche de rivière, est relié au nylon de la canne).

Mais quels sont ces impératifs qui doivent se combiner entre eux ?

La souplesse : Elle doit se rapprocher au maximum de celle d'un appât naturel, ce qui est parfaitement le cas des Wildeye Finesse Minnow.

Souplesse d'un Wildeye Finesse Minnow grand modèle non armé
Souplesse d'un Wildeye Finesse Minnow de 7, 5 cm non armé.

 

Souplesse d'un appât naturel armé
Souplesse d'une loche de rivière armée.

 

Souplesse d'un petit Wildeye Finesse Minnow armé
Souplesse d'un Wildeye Finesse Minnow de 5 cm armé. Problématique : le corps du leurre souple sur ses deux premiers tiers se rigidifie de façon excessive (ennui que l'on a pas en armant ce même leurre avec une taille de 7, 5 cm).

La nage : Celle du leurre souple doit se rapprocher au maximum de celle de l'appât naturel. Le principal défaut que j'ai remarqué réside dans le fait que de par leur conception, et sans modification, les leurres souples tournoient dans l'eau, ce qui est particulièrement néfaste à la pêche, engendrant par ailleurs un inconvénient très gênant à la technique : le fil se vrille. Vous me direz, pourquoi ne pas utiliser un petit émerillon rolling ? Tout simplement parce que placé au dessus de la monture, il  empêche de plaquer celle-ci sur l'anneau de tête du scion ; astuce permettant de façon aisée de la déposer dans un "trou de souris" alors que cela est pratiquement impossible si elle se balance à quelques centimètres en dessous de l'anneau précité.

Qu'est-ce qui fait que les leurres souples tournoient dans l'eau ? : Il y a principalement la forme de la queue ; raison pour laquelle je la coupe légèrement ou entièrement (sur les modèles Wildeye Finesse Minnow, Shad et Grub), ou la forme excessive du ventre (uniquement sur le Shad) qui nécessite également une petite découpe aux ciseaux.

Wildeye Finesse Minnow modifié  imitation truite
Wildeye Finesse Minnow imitation truite de 7, 5 cm non armé dont j'ai coupé la queue.

La couleur : Personnellement, après avoir essayé différentes teintes dans les leurres souples précités, je trouve que la couleur fonctionnant le mieux est celle qui s'approche des appâts naturels. Concernant le Wildeye Finesse Minnow, il s'agit de celle imitant un gardon.

Wildeye Finesse Minnow de 5 cm imitation gardon
Wildeye Finesse Minnow d'origine, imitation gardon de 5 cm.

Comment peut-on objectivement dire que les leurres souples fonctionnent, mais qu'ils constituent seulement une solution de dépannage ?

     Là,mes conclusions sont pratiquement sans appel. Malgré toutes les modifications et précautions expliquées ci-dessus, j'ai répétitivement constaté ce qu'il suit :

- les touches sont moins nombreuses ; ceci tout particulièrement lorsque les eaux sont très claires ;

- à 99%, la truite n'attaque qu'une seule fois alors qu'avec un appât naturel, plusieurs attaques successives peuvent se produire, y compris après un décroché sec ;

- les attaques sont moins franches ; dame mouchetée pinçant souvent le leurre du bout de la gueule alors qu'elle ne fait pas de détail avec un appât naturel.

Petite mouchetée de l'Ouvèze
Petite mouchetée de l'Ouvèze ayant succombé à un appât naturel.

Conclusion :

    Loin de moi d'écrire que l'utilisation de leurres souples pour cette technique de pêche est à proscrire. Bien que le comparatif soit pratiquement sans appel sur les résultats, il est bon d'avoir en permanence dans sa musette des leurres souples modifiés autorisant leur armement avec la monture ; leurres souples qui s'avèrent indispensables lorsque l'on ne possède pas d'appâts naturel avant la sortie, ou plus au cours de cette dernière (chose qui est d'ailleurs assez fréquente).

Jolie fario de l'Ouvèze
Encore une autre !!!

N.B. : Mes remerciements à Toulourenc pour le prêt des deux dernières images.