Rajouter des anneaux sur une canne réglable
Préambule :
Courant 2006, je faisais l'acquisition d'une canne Garbolino Horizon Strong pour les raisons explicitées dans cet article ; raisons auxquelles on pourrait maintenant rajouter sans difficulté majeure, la pratique de la technique dite de la pêche en nymphe à la roulette. Cependant, je me suis très vite rendu compte que malgré les indéniables qualités de cette canne, une chose lui faisait particulièrement défaut : son manque d'anneaux ; ceci pour assurer une glisse encore meilleure par temps sec, mais surtout accrue en cas d'humidité et sous la pluie. Prenant le "taureau par les cornes", je décidais de me lancer dans ce nouveau bricolage aussi délicat, qu'incertain, dont je vous propose maintenant d'en découvrir les diverses étapes. Loin d'être parfait, le résultat, acceptable malgré tout, sera pleinement savouré dès le début de l'ouverture prochaine.
Le projet de façon concrète :
La canne à modifier comprend 6 éléments y compris le scion pour un total de 9 anneaux avec celui de tête. En carbone haut module, elle est réglable de 3, 50 à 5, 35 mètres. Seuls le 2ème et le 3ème élément sont réglables. Les autres sont télescopiques. C'est en action de pêche, tout particulièrement sous la pluie ou par humidité, que je m'étais rendu compte, à mon grand énervement et parfois à mon désespoir encore plus grand, de ces carences avérées. Sur ce constat, j'ai décidé de procéder au rajout de 5 anneaux coulissants à placer harmonieusement à des points clés. L'opération s'est déroulée dans l'ordre suivant :
1°/- détermination de l'emplacement des futurs anneaux coulissants ;
2°/ - achat des anneaux à rajouter après avoir calculé de façon précise la dimension de chacun d'entre eux par rapport à leur futur emplacement ;
3°/- dépose de l'anneau de tête, puis de l'anneau placé à l'extrémité du 5ème, 4ème, et 3ème élément afin de pouvoir sortir chaque élément du brin principal ; d'une part, par obligation pour pouvoir passer les anneaux coulissants, et d'autre part, par praticité ; ceci avec des opérations annexes ;
4°/- conception des futurs anneaux coulissants suivie des opérations de ligature et de finition ;
5°/- processus de reconstitution de la canne en replaçant dans l'ordre chaque anneau d'extrémité pour les éléments n° 5, n° 4, et n° 3.
Pour plus de compréhension, la photographie suivante montre la canne une fois le bricolage terminé avec les différentes annotations auxquelles il sera fait référence tout au long de cet article.
1ère étape : La détermination de l'emplacement des futurs anneaux
J'ai considéré l'harmonie et l'équilibre que devait conserver la canne une fois le bricolage terminé. A ces fins, j'ai donc procédé à quelques opérations de calcul avant de marquer sur chaque blank l'emplacement à venir du ou des futurs anneaux coulissants. Pour le dit marquage, je conseille d'utiliser un crayon gras qui s'efface facilement. De la même façon, j'ai ensuite procédé au numérotage de chaque anneau, dont certains aux caractéristiques différentes, afin d'être sûr de ne pas les inverser au montage. Plus tard, et comme le montre cette image, j'ai ensuite procédé à la même manipulation pour l'ensemble des anneaux à remonter.

2ème étape : Achat des anneaux à rajouter après calcul préalable de la dimension de chacun d'entre eux
L'emplacement de chaque futur anneau ainsi déterminé comme vu ci-dessus, il faut calculer son diamètre. Pour ce faire, j'ai déplié la canne et fait un choix fonction tant des anneaux situés de part et d'autre de celui à rajouter, que de l'emplacement de ce dernier. Ensuite, je suis allé voir mon excellent détaillant en articles de pêche de GUÉRET, le magasin NAUTIC PÊCHE, bien sûr, auprès duquel j'ai commandé les anneaux chez la maison Garbolino.
3ème étape : dépose de l'anneau de tête, ainsi que de celui situé à l'extrémité du 5ème, 4ème, et 3ème élément, plus opérations diverses
Deux façons de procéder : celle par chauffe de l'anneau avec un briquet immédiatement suivie de l'enlèvement de la ligature une fois celle-ci ramollie (c'est ce que j'ai fait). Ou encore (sauf pour l'anneau de tête) passage d'un diluant à vernis permettant ensuite d'ôter la ligature.
Conseils pour la façon choisie : souffler la flamme une fois que la ligature commence à s'enflammer, puis enlever immédiatement la ligature craquelée. La photographie qui suit n'est qu'une illustration de ce qu'il faut faire car, bien entendu, je n'ai pas procédé à cette opération sur un anneau coulissant existant à l'achat de la canne.

Ensuite, j'ai procédé sur chaque élément, y compris le scion, au nettoyage de l'extrémité de chacun d'entre eux pour les débarrasser des résidus de colle en utilisant un papier de verre très fin à utiliser sous l'eau.
Le résultat final est le suivant sur les différents éléments qui ont été sortis du blank principal.

4ème étape : conception des futurs anneaux coulissant suivie des opérations de ligature et de finition
Pour support de chaque anneau coulissant, j'ai sacrifié une ancienne canne au coup télescopique de petite longueur.
A l'aide d'un pied à coulisse, j'ai déterminé le diamètre intérieur de chaque anneau en prenant garde à ne pas me tromper sur le sens de montage du fait de la conicité du blank. La longueur de chaque support d'anneau coulissant est à déterminer en fonction de celle des autres anneaux, mais également de celle de la patte respective de ces derniers. Il y a deux choses à considérer. D'une part, le poids, et d'autre part, l'esthétisme. Le support coupé, il faut ensuite vérifier sur le blank destiné à le recevoir s'il vient se placer à l'endroit souhaité.
Ce cliché montre quatre des cinq supports d'anneaux débités et placés sur le blank avant opérations de finition.

Ensuite, il faut procéder aux finitions. Cela consiste à aplanir parfaitement chaque extrémité du support à l'aide d'une lime à fer, puis de papiers de verre dégressifs. Ensuite, pour d'avantage d'esthétisme, j'ai ensuite biseauté chaque extrémité suivant un angle d'environ 45° en utilisant les mêmes matériels que précité. Ci-dessous, vue grossière de l'opération.
N.B. : Petite explication : les photographies ne sont pas à la même date car après la réalisation de ce bricolage, mon disque dur a été détérioré, et j'ai perdu la majeure partie des images relatives à ce dernier, d'où la nécessité d'effectuer de nouveaux clichés qui ne reflètent jamais ceux réalisés sur le moment.
L'image ci-après représente, comparativement à un anneau coulissant existant déjà sur la canne avant l'opération de rajout, les opérations de conception et de préparation du support sur lequel sera ensuite monté l'anneau correspondant.

Vient ensuite le collage de l'anneau sur son support comme montré sur l'image. La préparation de l'anneau et la ligature de celui-ci après collage s'est effectuée comme déjà indiqué dans cet article.

Par contre, une fois la ligature terminée, je n'ai pas appliqué de vernis pur, mais un vernis époxy bi composant acheté dans un magasin de pêche.
Le résultat obtenu est le suivant. Cependant, je n'en suis pas pleinement satisfait car j'ai fait des erreurs que j'aurais pu facilement éviter si j'avais eu les connaissances nécessaires à ce moment là. Ainsi, je me permets de vous les exposer. Il faut d'abord utiliser le vernis époxy par bonne température (c'était le cas). Ensuite, il faut remuer doucement les deux composants et attendre un peu avant de d'appliquer le mélange au pinceau dans le sens des enroulements une fois que les bulles d'air remarquées dans la composition ont disparu. Cela est très important pour une parfaite finition, sinon vous avez un vernis pas très joli à l'oeil du fait de la présence des dites bulles.
Comment procède-t-on au passage du vernis ?
1°/- placer l'anneau coulissant terminé sur l'élément destiné à la recevoir ;
2°/- passer le vernis à l'aide d'un pinceau fin dans le sens de la ligature en prenant soin de ne pas déborder sur le blank ce qui provoquerait le collage des deux éléments. Pour ce faire, on peut apposer un adhésif de chaque côté de l'anneau coulissant pour éviter les débordements ;
3°/- placer le blank sur un deux supports en V permettant ensuite de le faire faire tourner dans le sens des ligatures d'un quart de tour toutes les 5 minutes, et ce pendant plus d'une heure (deux heures, c'est carrément mieux !). Cette opération permet de répartir uniformément le vernis époxy sur le pourtour de la ligature tout en assurant son séchage progressif.
L'image suivante montre juste le dispositif employé. Du néoprène est collé dans chaque V pour éviter de rayer le blank lors des manipulations.
5ème étape : processus de reconstitution de la canne en replaçant dans l'ordre chaque anneau d'extrémité pour les éléments n° 5, n° 4, et n° 3
Cela paraît être une question de logique. Une fois le plus gros anneau coulissant terminé et totalement sec, on remonte l'élément correspondant, puis enfile l'anneau précité sur ce dernier avant de ligaturer l'anneau d'extrémité de l'élément précité suivant la même technique que ci-dessus, et ainsi de suite jusqu'au collage de l'anneau de tête ; ceci en ayant pris soin de replacer les anneaux coulissants d'origine.
Et voilà le résultat final ! S'il est loin d'être parfait, ce n'est pas catastrophique ! Comme sur la photographie précédente, vous noterez que j'ai placé, entre le 2ème et le 3ème élément une rondelle en silicone (joint sphérique de robinet) destinée à jouer le rôle d'amortisseur entre l'anneau d'extrémité du 3ème élément et l'anneau coulissant du 2ème élément. Par ailleurs, les trois coulissants bleus clairs sont d'origine. Bien entendu, ces modifications m'ont amené à concevoir moi-même un nouvel protège anneaux ; celui d'origine étant devenu trop petit.

Texte et photographies de Aupetitpec