La fabrication du bas de ligne torsadé :
Après avoir vu comment confectionner un gabarit basique * permettant tout de même de fabriquer des BDLT de différentes longueurs, nous allons passer à l'étape de tressage proprement dite.
* Dans quelques temps viendront deux compléments ; l'un expliquant comment fabriquer des BDLT de 4, 20 m avec seulement deux planches de 107, 5 cm (ce sera la méthode baptisée aupetitpec !!!), et l'autre fournissant quelques bases pour fabriquer un gabarit permettant de construire des BDLT encore plus sophistiqués et équilibrés, car vous l'avez bien compris, plus on augmente le pas de tressage sans rajouter de plots (10 plots de tressage actuellement utilisés), moins la conicité est importante. L'idée de manoeuvre est donc simple, sur la base d'un BDLT idéalement équilibré en 2, 75 m de long à utiliser pour une canne de 3 m, on calcule à partir d'une base de données aux formules pré - renseignées qui donnera ainsi le nombre de plots à utiliser et la distance pour la réalisation d'un BDLT d'une longueur différente. Totalement nouveau, le concept de réalisation vous sera expliqué à ce moment là. Pour l'heure, si vous estimez qu'un pas de 55 vous donne moins de satisfaction en action de pêche qu'un pas de 20 (conicité moins importante ne permettant pas le déroulement souhaité du BDLT), vous pouvez aussi ajouter un enroulement supplémentaire entre chaque plot de tressage. Mais suis-je bête, cela n'a pas encore été vu !!! C'est donc le bon moment pour débuter.
La fabrication d'un BDLT nécessite deux étapes :
1°/ - le tissage au moyen du gabarit ;
2°/- le tressage par l'emploi de la technique appropriée.
J'apporte donc une rectification dans le langage précédemment employé : sur le gabarit, on parle de plots de tissage et non pas de tressage, bien que cela ne change fondamentalement rien dans ce qui a été écrit.
1°/ - le tissage au moyen du gabarit :
Pour comprendre pourquoi on tisse de la sorte, il faut d'abord connaître les étapes permettant de réaliser la torsade. Partant du point A on tisse jusqu'au point C en passant par le B. La ligne non tressée est ensuite enlevée du gabarit en A et C. Alors que A est relié à C, on place un plomb sur la ligne à hauteur de B. Ensuite, on tresse avec un moyen électrique. Puis, suspendant la ligne qui a été torsadée par le point devenu unique de A et C, on lâche le plomb placé en B qui se met à tourner créant ainsi le BDLT.

Sur l'image, les couleurs indiquent le nombre d'enroulements qu'il faut effectuer entre deux plots. Ainsi, entre le plot de départ (A) et le 1er plot de la ligne de tissage côté gauche (couleur verte), il y aura 6 enroulements pour un total de 13 brins. Pourquoi 13 brins ? : parce qu'il y en a 6 de chaque côté (donc total 12) plus celui qui descend au plot suivant (donc total 13). Ensuite, entre le 1er et le second plot de la ligne de tissage côté gauche (couleur bleue), il y aura 5 enroulements pour un total de 11 brins, et ainsi de suite pour terminer de tisser en C en précisant qu'une fois passé l'enroulement unique entre le 5ème plot de la ligne de tissage côté gauche et le 5ème plot de la ligne de tissage côté droit (couleur orange), les enroulements augmentent à chaque fois de 1 pour terminer à 6 entre le 1er plot de la ligne de tissage côté droit et le plot de la fin de la ligne de tissage (couleur verte).

Comme déjà dit, une fois terminée, la torsade sera la résultante de l'enroulement de la ligne gauche et droite. En conséquence, il faut additionner le nombre de brins des deux lignes pour connaître la composition exacte de la torsade finale. C'est là que l'on comprend pourquoi les plots sont placés en quinconce. Tout simplement parce que cela permet de dégraisser la torsade pas demi-longueur du pas de 2 enroulements à chaque fois. Ainsi, sur l'image ci-dessous on voit que pour la couleur verte on a pour chaque ligne 6 enroulements pour 13 brins, ce qui fera, une fois la torsade terminée, 12 enroulements pour 26 brins pour une demi-longueur de pas, et ainsi de suite. De ce fait, à chaque fois que l'on ôte une demi-longueur de pas, on a la torsade qui perd 2 brins. Pour l'exemple, commençant à 26 brins, elle se terminera avec 6 brins. Cela n'est pas figé par on pourrait très bien débuter le tissage avec 8 enroulements ce qui ferait 17 brins sur chaque ligne pour un total de 34 brins sur la première demi-longueur, 32 sur la suivante, 30 sur celle d'après, et ainsi de suite. Rajouter des enroulements, c'est alourdir une torsade, mais également la rendre plus solide. Et bien évidemment, cela induit des conséquences en action de pêche.

Ceci étant expliqué, nous allons aborder la technique de tissage proprement dite en commençant par la préparation du matériel.
Les différents plots à positionner sur le gabarit (pour rappel : 2 début et fin ligne tissage, 10 plots de tissage, 1 intermédiaire, et un d'arrêt si nécessaire).
Les fils de montage : avec de la soie de montage, j'utilise essentiellement UNI-THREAD en 6/0 blanc ou jaune pâle. Bien qu'un peu capricieux, le GOSSAMER fait aussi bien l'affaire. Cependant, il est plus beaucoup cher. Pour le nylon, je me sers d'un 6 centièmes acheté en mercerie.
Colle super glue obligatoire, 3 trombones, dont 2 avec les extrémités affûtées pour devenir pointues car cela a son importance. Les placer en attente sur le gabarit à hauteur des plots de début et fin de tissage. Le dernier est monté sur le plomb poire (env. 200 grammes), qui servira à torsader. 1 ciseau bien coupant pour ôter les excès du fil de montage, et une aiguille à aussi placer en attente à hauteur des plots de début et fin de tissage.
Positionnement des deux trombones affûtés.
Positionnement du plomb muni de son trombone.
Si nécessaire, plaquer à l'aide d'un mini serre - joint, le gabarit au lieu de raccord des planches susceptibles de se déboîter.
Et bien sûr, juste à proximité, l'ustensile (une télé réglable robuste fait encore mieux l'affaire) qui permettra de suspendre le tissage ainsi réalisé pour fabriquer la torsade.
A cela, reste à brancher la mini perceuse pourvue de son dispositif de torsion, mais on y reviendra plus tard ...
L'installation étant maintenant terminée, les opérations de tissage peuvent débuter !!! Pour une meilleure visibilité, j'ai utilisé de la grosse laine de couleur.
1ère étape : réaliser une boucle traditionnelle sur le fil de montage et couper l'excédent à ras.
Placer la boucle dans le plot de départ de la ligne de tissage.
Dérouler la bobine de fil de montage pour tourner autour du 1er plot de la ligne gauche de tissage en passant par l'extérieur (c'est à dire vers soi). C'est lorsque l'on passe dans le crochet du 1er plot de la ligne de tissage que l'on compte 1 enroulement. On poursuit de la sorte en faisant 6 enroulements.

A la fin du 6ème enroulement, une fois arrêté au crochet du plot de départ de la ligne de tissage, au lieu de tourner de nouveau autour du 1er plot de la ligne gauche de tissage, on descend au 2ème plot pour recommencer l'opération précédente, mais avec une particularité.

Ça donne ceci, en précisant que l'on voit ici le 1er plot de la ligne gauche de tissage. Bien sûr, sur l'image, ne pas tenir compte du nombre d'enroulements entre le plot de départ et le 1er plot de tissage qui n'est ici que d'un seul (je n'aurais jamais eu assez de laine pour faire tous les enroulements).
C'est là que les choses semblent se compliquer, mais il n'en est rien. Là, il faut que le fil de montage passe :
- au milieu des 6 premiers enroulements réalisés entre le plot de départ et le 1er plot de la ligne de tissage ;
- du haut vers le bas ;
- et en passant le fil à l'extérieur du 1er plot de la ligne de tissage (autrement dit vers soi).
Tout simplement comme représenté sur ces images. Ici, la bobine est amenée à l'extérieur du 1er plot de tissage.
Là, on la fait passer au milieu des 6 premiers enroulements et du haut vers le bas pour repartir au 2ème plot et continuer à tisser suivant le même processus, et ainsi de suite.
Et voilà ce qui se produit lorsque l'on tend le fil. Ici, d'une part on voit le fil de montage qui descend du plot 1er en direction du 2ème plot de tissage, et d'autre part, on observe le résultat du passage du fil de montage au milieu des 6 premiers enroulements (un sur l'image alors qu'il devrait y en avoir 5) avant de continuer ensuite la manoeuvre.
Et on poursuit de la sorte jusqu'au 5ème plot de tissage en dégraissant à chaque fois le nombre d'enroulements. Pour le passage à hauteur du plot intermédiaire, c'est une autre histoire que nous verrons la prochaine fois, c'est à dire quand j'aurai un peu de temps pour écrire la suite !!!
Texte et images de Aupetitpec