Sortie cantalienne 2008 à Maurs la Jolie

    Vendredi 18 avril 2008 - 6 heures 45, les yeux « dans le brouillard », je me lève fatigué, mais heureux de partir dans le Cantal pour un séjour halieutique de deux jours à l'invitation d'André. Départ à 8 heures, 3 heures plus tard, je suis à Maurs la Jolie. Alors que je cherche le lieu de villégiature, soit le village de vacances de la Châtaigneraie, mon portable se met à sonner ...

Village de vacances de Maurs la Jolie

    Allô ??? C'est André qui lui aussi vient juste d'arriver ... Rendez-vous dans le centre de cette charmante bourgade où je fais par là même la connaissance de Matthieu. Pas un instant à perdre, nous fonçons reconnaître la Rance, puis le Célé. Même constat d'inquiétude, les deux rivières sont particulièrement hautes avec des eaux très teintées.

Le Célé
 

   Bah, on verra bien ... Après une courte pause déjeuner en bordure du Célé à Saint Constant, et après avoir été rejoints par d'autres participants au séjour, nous voilà au bord de l'eau pour nos premiers coups de ligne sous un vent à décorner les boeufs, André et Matthieu pêchant à « une autre pêche », c'est à dire au toc (au ver) à la technique de Monsieur Sempé, dont le premier fait d'ailleurs partie du bureau de l'association.
 

André s'apprêtant à rentrer en action

    André s'apprêtant à entrer en action (ci-dessus) et Matthieu concentré sur sa dérive (ci-dessous) .   

Matthieu surveillant sa dérive


    Quant à moi, vu les conditions défavorables, c'est un peu le casse tête, d'autant que je ne peux quasiment pas pratiquer en wading. Alors que Matthieu prendra une jolie mouchetée, et qu'André en capturera trois petites (plus quelques blancs pour tous les deux), le scénario tourne un peu à la catastrophe me concernant avec un seul poisson plus quatre chevesnes de pris, dont un de capturé en nymphe. Certainement un chevesne lucifuge, car pour détecter une nymphe sans odorat dans pareille bouillabaisse, c'est vraiment qu'il devait avoir un p'tit creux !!! Même pas la chance de pouvoir épuiser cette magnifique mouchetée leurrée à la dandine qui m'aura gratifié comme pied de nez d'une belle chandelle dans une chute d'écluse.

Chevesne en nymphe

    Dans ces conditions, même ces deux équidés semblent manifester de la compassion à mon triste sort, alors qu'une paire d'hirondelles me narguent en avalant sous mes yeux quelques éclosions d'insectes aquatiques et terrestres.

Equidés cantaliens

    D'ailleurs, rien n'était avec moi cette après-midi là, car voulant traverser à hauteur du pont en fin de partie, je prends un bain magistral après avoir sous estimé la profondeur du pool à l'eau saumâtre. Trempé au côté gauche, je suis heureux à l'idée de pouvoir aller me changer, car c'est l'heure du rapatriement au village de vacances. Mais c'était sans compter sur l'adage « quand tu crois qu'il ne peut rien t'arriver de pire ... ».

    Sous une pluie battante, alors que je me saisis de ma valise que j'avais (malencontreusement) oublié de refermer, tout son contenu choit lamentablement dans une bonne flaque d'eau. Pfff... En colère, puis totalement résigné, je jette tout en vrac dans la « valoche » pour gagner l'accueil. Puis, quand parfois l'on pense qu'il n'y aura pas d'éclaircie, je découvre qu'il y a un sèche-linge à l'étage. Ni une, ni deux, je jette tout dans le tambour. Bouton tourné, sur ... « je ne sais pas quoi », la machine démarre pour mon plus grand bonheur alors que je l'abandonne durant le temps des réjouissances.

    Arrive ensuite celui de l'apéro où d'ailleurs le groupe s'est étoffé pour se constituer maintenant d'une vingtaine de personnes dont je découvre qu'elles font pratiquement toutes partie de l'association de la pêche à « La Sempé ». Boudiou !!!, j'essaie alors de me faire un peu discret (voire petit), quand un membre surnommé « le Papé » (ou encore Flyman30 pour les internautes) engage une agréable discussion avec moi à laquelle viendront s'adjoindre ensuite d'autres pêcheurs. Puis vient le moment d'un bon repas, et d'une nuit agitée, alors que la pluie continue de tomber.

    Samedi 19 avril 2008 : Après le « petit déj. » et l'emport du casse croûte du midi, chacun part à sa destinée pour tenter sa chance dans des cours d'eaux totalement gonflés. Dans ces conditions, c'est un casse tête pour toute l'équipe. Pour le sempéiste privé de larges cours d'eau, comme pour moi-même, qui ne peux essayer mes techniques favorites. Regardant la carte, je décide alors de partir avec Jean-Gilbert, le doyen de la rencontre, sur la haute Rance tout en lui promettant une modeste initiation à la pêche en nymphe ; ceci si la couleur des eaux et le temps le permettent.

    Même presque à la source, le constat est tristement identique à celui de la veille. L'examen minutieux des lieux est très révélateur : eaux trop sales avec niveaux totalement démesurés par rapport à la normale. En plus, il faut aussi considérer que suite à ces pluies à répétition (ô tellement bienfaitrices pour la nature !!!) les poissons sont quasiment gavés. Dans ces conditions, tout est encore très difficile. Alors que je pêche l'amont, Jean-Gilbert pratique l'aval. Une seule touche de mon côté pour une truitelle blanche de la matinée alors ...

Fario

... que bizarrement, les vairons ne cessaient d'attaquer ma teigne. Certainement que les joyeux drilles profitaient de ce que les demoiselles, repues, les dédaignent quelques instants pour se faire une bamboula d'enfer !!! Anecdote : Changeant de pâture par facilité de pêche, je pénètre dans un champ à noiraudes sans aucune inquiétude, croyant avoir l'habitude de ce genre de situation. Pourtant à peine engagé, que, hiiiiiiiiiiiii..., je suis obligé de me transformer en un véritable  « d'Artagnan halieutique », repoussant avec le bout de mon « fouet » (quel jeu de mots !!!) les récalcitrantes qui ne cessent de me foncer dessus m'obligeant à quitter les lieux pas très rassuré, sans même avoir eu le temps de faire une toute petite dérive.

Vairon cantalien

    Puis je retrouve mon compagnon de sortie qui a également capturé un petit poisson. Ensemble, nous « tuons » les derniers instants restants avant le repas de midi en faisant quelques jetés en nymphe sur un autre cours d'eau un peu plus clair, se traduisant dans les premiers coups de ligne par la capture d'une petite mouchetée.

13 heures : délicieux repas en commun où le groupe s'est reconstitué à Saint Constant et où l'excellente ambiance et la bonne humeur de la veille se confirment.

Incontournable, la pause casse croûte !!!

    Après avoir mangé comme un « moine » pour avoir goûté les mets délicieux apportés par José et ses camarades, je file avec Jean-Gilbert sur le haut Célé, toujours à la recherche d'eaux un peu plus claires. Puis, sans trop y croire, nous tombons cependant sur une jolie rivière qui, malgré ses eaux hautes qui effacent la majorité de ses postes traditionnels, semble pouvoir se prêter à la pêche en nymphe, alors que le vent se lève de nouveau.

Affluent du Célé

    Alors que j'effectue mon premier jeté avec une PT double bille, un premier ferrage survient instantanément pour un premier poisson.

Fario

    Après avoir fait procédé par Jean-Gilbert à quelques manipulations sous un vent qui malheureusement se renforce au fil des minutes, je gagne seul la partie supérieure du cours d'eau où je troque la nymphe contre une teigne eschant finalement l'hameçon à « mourir » ... d'ennui, alors que Jean-Gilbert s'essaie au ver à la Sempé. Puis à la faveur d'un temps qui s'alourdit significativement, je vois une nuée d'éclosions me permettant soudainement d'espérer réussir.

Trichoptère
 

Trichoptère Philopotamus, probablement Montanus, de l'avis éclairé d'un spécialiste que j'ai consulté à mon retour en Creuse.

    C'est ainsi qu'après un certain scepticisme, je touche neuf autres poissons pour en capturer quatre très petits. Jugez en plutôt sur les trois ci-après photographiés, où je bats même le record de la petitesse !!! (dans mon pays du sud-est, un habitant se serait par ailleurs exclamé : « «P....n, la double bille était quasiment plus grosse que la fario, c.n !!!).

Fario
 

Affluent du Célé

Fario

Affluent du Célé

Fario


    De retour au point de départ, je découvre que le Papé, André et Matthieu ont rejoint Jean-Gilbert qui s'est fait plaisir en capturant trois jolies mouchetées. Puis comme tout à une fin, il est l'heure de retourner au « camp de base » où nous passons une délicieuse soirée au cours de laquelle chacun commente à sa façon ses déconvenues halieutiques. Puis, le lendemain, vient le temps du départ où préalablement au repas de midi, nous décidons d'aller tenter un dernier coup de ligne. N'apercevant pas Jean-Gilbert (mais où est-il passé ???), je décide de gagner seul le haut Célé. Eaux encore cassées, je débute à la teigne où je touche quelques petits poissons à la robe toujours aussi blanche.

Célé

Fario

Fario

Fario

    Et puis, comme la veille, à la faveur d'un petit rayon de soleil, quelques éclosions apparaissent, m'invitant, bien évidemment, à un changement immédiat de technique, et avec elle, la prise de ces autres petits poissons.

Fario

Fario

Fario

Fario

Célé

    Revitalisé par ces quelques touches, mon élan est stoppé tout net devant un panneau de propriété privée. La loi, c'est la loi me dis-je un peu bougon ... Alors qu'il ne reste tout peine trente minutes de pêche, je tente le coup sur le bas de la rivière arpentée la veille après-midi. Ayant à peine eu le temps de pratiquer en wading, qu'un « fidèle » compagnon à quatre pattes arrive vers moi tout furibond pour stopper net sur le bord de la berge. Le bâtard ne voulant pas en démordre, sans toutefois vouloir se jeter à l'eau, qu'il me décide de mettre prématurément fin à ces derniers instants de bonheur.

    De retour au camp de base, j'apprends au cours du repas d'adieux, que Jean-Gilbert, tout heureux, a piqué ce matin même sa première fario à la nymphe.

Le groupe de joyeux lurons


    Et pour clore, je voulais tout particulièrement remercier André pour cette invitation où j'ai pu apprécier le savoir vivre des compagnons de la pêche à la "Sempé" avec lesquels j'ai passé de délicieux moments, tout en pensant déjà à mes futures sorties que les genêts à balais en fleurs annoncent déjà prometteuses.

Fleurissement des genêts 

Texte de Jean-Marie Carrier. Photographies : participants au séjour halieutique et Jean-Marie Carrier.